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02/09 2022
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CENTRE HOSPITALIER SUD FRANCILIEN: LE FLUX DES URGENCES ADULTES A DIMINUÉ "DE PLUS DE 50%" DEPUIS LA CYBERATTAQUE

CORBEIL-ESSONNES (Essonne), 2 septembre 2022 (APMnews) - Touché par une cyberattaque dans la nuit du 20 au 21 août, le centre hospitalier Sud Francilien (CHSF) fonctionne en mode dégradé depuis lors et il compte notamment une diminution "de plus de 50%" du flux des urgences adultes, avec "90 patients par jour, contre 230 en moyenne", a annoncé l'établissement vendredi après-midi dans un point de situation.

Le CHSF a enclenché son plan blanc le 21 août à la suite d'une cyberattaque survenue dans la nuit du 20 au 21 août, rappelle-t-on (cf dépêche du 22/08/2022 à 12:16). Une plainte a été déposée le même jour et une enquête a été ouverte par la section "cyber" du Parquet de Paris.

L'attaque informatique, de type rançongiciel ou ransomware, a rendu inaccessibles "tous les logiciels métier, les systèmes de stockage (notamment d'imagerie médicale) et le système d'information ayant trait aux admissions de la patientèle".

En déplacement au CHSF le vendredi 26 août, François Braun, ministre de la santé et de la prévention, et Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la transition numérique et des télécommunications, ont annoncé une enveloppe de 20 millions d'euros supplémentaires pour renforcer la cybersécurité des établissements de santé, rappelle-t-on également (cf dépêche du 26/08/2022 à 19:21).

Au CHSF, les équipes ont accueilli positivement la visite des deux ministres et des annonces, avait pu constater sur place APMnews. Si la situation ne devrait pas revenir à la normale avant "plusieurs semaines voire plusieurs mois", l'établissement essonnien s'organise pour maintenir "la continuité des soins" et accueillir ses patients.

Ainsi, dans un point de situation transmis vendredi après-midi, le CHSF a fait savoir qu'il accueille actuellement quelque 500 patients "stables" et qu'aucun transfert de patient (adulte) n'a eu lieu "à l'exception du transfert par principe de précaution de 13 nourrissons hospitalisés en soins intensifs et en réanimation de néonatalogie dans un centre de périnatalité francilien les 23 et 24 août".

En outre, le Samu-Smur de l'Essonne "continue à adresser, dans d'autres établissements franciliens, les patients nécessitant une prise en charge complexe", a souligné l'établissement. "À ce titre, le flux des urgences adultes a diminué de plus de 50%. Le service prend en charge actuellement près de 90 patients par jour (contre 230 en moyenne)", a-t-il précisé.

"Tout patient qui se présente est pris en charge avec une évaluation puis possiblement une orientation vers les consultations de médecine générale assurées par notre maison médicale de garde (7 jours sur 7, de 9h à minuit)."

Le bloc opératoire "poursuit son activité", a également rapporté le CHSF vendredi. "Les programmes opératoires (informatisés) ont été récupérés et un staff journalier évalue pour chaque patient la faisabilité de l'intervention. L'activité programmée se poursuit dans ces conditions."

Logiquement, le flux des patients adressés par les urgences en revanche a, lui aussi, "diminué de moitié (compte tenu de l'adressage en amont dans d'autres établissements effectué par le Samu-Smur)".

Des "avancées" attendues en matière de SIH

L'établissement a dénombré "près de 200 patients" pris en charge la semaine du 22 août et "un seul patient a été récusé à ce jour car les conditions médico-légales ne pouvaient être assurées pour son intervention", a précisé le CHSF, expliquant cela par un "recours à l'imagerie avant et après" qui n'était pas possible.

"En gynécologie-obstétrique, l'accueil des femmes enceintes, les activités programmées(consultations et échographies notamment) ainsi que les urgences restent assurées."

Les consultations et les soins en hôpital de jour -pour le suivi notamment des patients chroniques- restent aussi assurés, bien qu'il leur soit demandé de venir avec leurs dossiers médicaux: "ordonnances, résultats d'examens d'imagerie et de biologie" et leurs examens complémentaires.

"Dans le cadre du plan de continuité d'activité mis en oeuvre par la direction du système d'information [DSI] hospitalier avec l'appui de deux sociétés spécialisées [les prestataires Crisalyde et Wavestone, NDLR], des avancées sont attendues pour faciliter les interfaces entre services et les transmissions", a également relaté le centre hospitalier.

Toutefois, le circuit de transmissions des informations patients a été réorganisé par l'encadrement paramédical, les archives médicales fournissent les dossiers patients papiers et les prescriptions médicales sont manuscrites. Les moyens de communication "sont limités", à l'exception du téléphone "qui fonctionne"; le rétablissement de la messagerie et "de certains logiciels métiers" est en cours.

wz/ab/APMnews

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CORBEIL-ESSONNES (Essonne), 2 septembre 2022 (APMnews) - Touché par une cyberattaque dans la nuit du 20 au 21 août, le centre hospitalier Sud Francilien (CHSF) fonctionne en mode dégradé depuis lors et il compte notamment une diminution "de plus de 50%" du flux des urgences adultes, avec "90 patients par jour, contre 230 en moyenne", a annoncé l'établissement vendredi après-midi dans un point de situation.

Le CHSF a enclenché son plan blanc le 21 août à la suite d'une cyberattaque survenue dans la nuit du 20 au 21 août, rappelle-t-on (cf dépêche du 22/08/2022 à 12:16). Une plainte a été déposée le même jour et une enquête a été ouverte par la section "cyber" du Parquet de Paris.

L'attaque informatique, de type rançongiciel ou ransomware, a rendu inaccessibles "tous les logiciels métier, les systèmes de stockage (notamment d'imagerie médicale) et le système d'information ayant trait aux admissions de la patientèle".

En déplacement au CHSF le vendredi 26 août, François Braun, ministre de la santé et de la prévention, et Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la transition numérique et des télécommunications, ont annoncé une enveloppe de 20 millions d'euros supplémentaires pour renforcer la cybersécurité des établissements de santé, rappelle-t-on également (cf dépêche du 26/08/2022 à 19:21).

Au CHSF, les équipes ont accueilli positivement la visite des deux ministres et des annonces, avait pu constater sur place APMnews. Si la situation ne devrait pas revenir à la normale avant "plusieurs semaines voire plusieurs mois", l'établissement essonnien s'organise pour maintenir "la continuité des soins" et accueillir ses patients.

Ainsi, dans un point de situation transmis vendredi après-midi, le CHSF a fait savoir qu'il accueille actuellement quelque 500 patients "stables" et qu'aucun transfert de patient (adulte) n'a eu lieu "à l'exception du transfert par principe de précaution de 13 nourrissons hospitalisés en soins intensifs et en réanimation de néonatalogie dans un centre de périnatalité francilien les 23 et 24 août".

En outre, le Samu-Smur de l'Essonne "continue à adresser, dans d'autres établissements franciliens, les patients nécessitant une prise en charge complexe", a souligné l'établissement. "À ce titre, le flux des urgences adultes a diminué de plus de 50%. Le service prend en charge actuellement près de 90 patients par jour (contre 230 en moyenne)", a-t-il précisé.

"Tout patient qui se présente est pris en charge avec une évaluation puis possiblement une orientation vers les consultations de médecine générale assurées par notre maison médicale de garde (7 jours sur 7, de 9h à minuit)."

Le bloc opératoire "poursuit son activité", a également rapporté le CHSF vendredi. "Les programmes opératoires (informatisés) ont été récupérés et un staff journalier évalue pour chaque patient la faisabilité de l'intervention. L'activité programmée se poursuit dans ces conditions."

Logiquement, le flux des patients adressés par les urgences en revanche a, lui aussi, "diminué de moitié (compte tenu de l'adressage en amont dans d'autres établissements effectué par le Samu-Smur)".

Des "avancées" attendues en matière de SIH

L'établissement a dénombré "près de 200 patients" pris en charge la semaine du 22 août et "un seul patient a été récusé à ce jour car les conditions médico-légales ne pouvaient être assurées pour son intervention", a précisé le CHSF, expliquant cela par un "recours à l'imagerie avant et après" qui n'était pas possible.

"En gynécologie-obstétrique, l'accueil des femmes enceintes, les activités programmées(consultations et échographies notamment) ainsi que les urgences restent assurées."

Les consultations et les soins en hôpital de jour -pour le suivi notamment des patients chroniques- restent aussi assurés, bien qu'il leur soit demandé de venir avec leurs dossiers médicaux: "ordonnances, résultats d'examens d'imagerie et de biologie" et leurs examens complémentaires.

"Dans le cadre du plan de continuité d'activité mis en oeuvre par la direction du système d'information [DSI] hospitalier avec l'appui de deux sociétés spécialisées [les prestataires Crisalyde et Wavestone, NDLR], des avancées sont attendues pour faciliter les interfaces entre services et les transmissions", a également relaté le centre hospitalier.

Toutefois, le circuit de transmissions des informations patients a été réorganisé par l'encadrement paramédical, les archives médicales fournissent les dossiers patients papiers et les prescriptions médicales sont manuscrites. Les moyens de communication "sont limités", à l'exception du téléphone "qui fonctionne"; le rétablissement de la messagerie et "de certains logiciels métiers" est en cours.

wz/ab/APMnews

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