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16/09 2022
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FO TENTE D'ALERTER LE MINISTÈRE APRÈS UN NOUVEAU DÉCÈS SUR BRANCARD AUX URGENCES DES HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE STRASBOURG

STRASBOURG, 16 septembre 2022 (APMnews) - Le syndicat Force ouvrière (FO) des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) a adressé mardi un courrier au ministre de la santé et de la prévention, François Braun, pour l'alerter sur les difficultés chroniques rencontrées par les services d'urgence du CHU après le décès d'un patient ayant passé 22 heures sur un brancard début septembre.

Dans ce courrier adressé au ministre, le secrétaire général de FO aux HUS, Christian Prud'homme, rappelle que son syndicat avait déjà réclamé une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) après un précédent mi-mars concernant un patient décédé sur un brancard une douzaine d'heures après son admission (cf dépêche du 08/04/2022 à 19:43).

"À cet instant, après l'événement dramatique et ce, pour apporter des éléments probants sur ces situations dégradées que nous dénonçons depuis plus de quatre ans, avec notamment un dépôt de plus de 30 droits d'alertes suivis de 40 CHSCT [comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail] sur ce sujet, nous avions également demandé à être reçus par Madame la maire de Strasbourg [Jeanne Barseghian, EELV], par la Madame la directrice [générale] de l'agence régionale de santé Grand Est [Virginie Cayré] et Madame la préfète Grand Est [Josiane Chevalier]", a rapporté le syndicat dans son courrier, en déplorant n'avoir été reçu par aucune des tutelles.

Le syndicat souligne le fait que le décès du 1er mars ayant fait l'objet d'une déclaration d'événement indésirable grave (EIGS) est survenu "36 heures après le dépôt d'un droit d'alerte fait par nos représentants Force Ouvrière dénonçant une énième situation de blocage et surcharge des urgences du Nouvel Hôpital Civil [NHC] de Strasbourg".

"Le 30 août à 23 heures, il y avait 50 patients pour 30 places sur brancards avec des véhicules en attente dans le sas de dépôt des urgences", a pointé le syndicat. "Le lendemain, la situation ne présente aucune amélioration avec 40 patients, dont 26 présents plus de 12 heures sur brancards."

Le patient décédé le 1er septembre serait arrivé "le 31 août dans le début d'après-midi" avant d'être "retrouvé décédé le lendemain au moment des transmissions et déclaré mort à 14h40", a rapporté FO.

"La situation du service des urgences était à l'identique à ce moment précis puisque le 1er septembre on dénombre 43 patients pour 30 places avec 25 patients de plus de 12h", a assuré le syndicat dans son courrier.

Il s'agirait d'un patient de 81 ans, décédé après avoir passé 22 heures sur brancard au sein du service d'urgence du NHC, a précisé Christian Prud'homme, joint vendredi par APMnews.

FO regrette également qu'aucun des engagements pris par la direction générale des HUS après le décès survenu en mars n'ait finalement été mis en oeuvre, que ce soit la création d'un gestionnaire de flux sur place aux urgences ou encore celle d'un service tampon post-urgences déployable à la demande en cas de tension.

Pas d'évolution aux urgences des HUS depuis le printemps selon FO

Si le syndicat reconnaît les difficultés structurelles du CHU de Strasbourg, "avec 300 lits fermés pour raisons de ressources humaines dont la moitié des lits de l'unité d'hospitalisation de courte durée [UHCD] attenante aux urgences du Nouvel Hôpital Civil de Strasbourg et 250 postes d'infirmiers vacants", il reproche à la direction générale de l'établissement "de rester dans la continuité d'un immobilisme dilatoire en se reposant totalement sur l'engagement et l'éthique des professionnels".

"Tout décès au sein de notre institution reste une situation difficile à vivre pour l'ensemble de la communauté hospitalière", a réagi la direction des HUS, contactée vendredi par APMnews.

"Conformément à la procédure applicable, le décès a été déclaré à l'[ARS] sur le portail national des événements indésirables graves", a ajouté la direction, en faisant remarquer qu'elle n'était pas "en mesure de communiquer des éléments qui relèvent du secret médical".

Dans les colonnes du Figaro, le chef du pôle urgences des HUS, le Pr Pascal Bilbault, a assuré pour sa part que "la surcharge du service n'a pas nui à la prise en charge de ce patient", en mettant en avant que le patient décédé le 1er septembre "souffrait d'une pathologie rapidement évolutive" et "avait fait une demi-douzaine de séjours aux HUS en deux mois".

gl/ab/APMnews

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FO TENTE D'ALERTER LE MINISTÈRE APRÈS UN NOUVEAU DÉCÈS SUR BRANCARD AUX URGENCES DES HÔPITAUX UNIVERSITAIRES DE STRASBOURG

STRASBOURG, 16 septembre 2022 (APMnews) - Le syndicat Force ouvrière (FO) des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) a adressé mardi un courrier au ministre de la santé et de la prévention, François Braun, pour l'alerter sur les difficultés chroniques rencontrées par les services d'urgence du CHU après le décès d'un patient ayant passé 22 heures sur un brancard début septembre.

Dans ce courrier adressé au ministre, le secrétaire général de FO aux HUS, Christian Prud'homme, rappelle que son syndicat avait déjà réclamé une enquête de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) après un précédent mi-mars concernant un patient décédé sur un brancard une douzaine d'heures après son admission (cf dépêche du 08/04/2022 à 19:43).

"À cet instant, après l'événement dramatique et ce, pour apporter des éléments probants sur ces situations dégradées que nous dénonçons depuis plus de quatre ans, avec notamment un dépôt de plus de 30 droits d'alertes suivis de 40 CHSCT [comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail] sur ce sujet, nous avions également demandé à être reçus par Madame la maire de Strasbourg [Jeanne Barseghian, EELV], par la Madame la directrice [générale] de l'agence régionale de santé Grand Est [Virginie Cayré] et Madame la préfète Grand Est [Josiane Chevalier]", a rapporté le syndicat dans son courrier, en déplorant n'avoir été reçu par aucune des tutelles.

Le syndicat souligne le fait que le décès du 1er mars ayant fait l'objet d'une déclaration d'événement indésirable grave (EIGS) est survenu "36 heures après le dépôt d'un droit d'alerte fait par nos représentants Force Ouvrière dénonçant une énième situation de blocage et surcharge des urgences du Nouvel Hôpital Civil [NHC] de Strasbourg".

"Le 30 août à 23 heures, il y avait 50 patients pour 30 places sur brancards avec des véhicules en attente dans le sas de dépôt des urgences", a pointé le syndicat. "Le lendemain, la situation ne présente aucune amélioration avec 40 patients, dont 26 présents plus de 12 heures sur brancards."

Le patient décédé le 1er septembre serait arrivé "le 31 août dans le début d'après-midi" avant d'être "retrouvé décédé le lendemain au moment des transmissions et déclaré mort à 14h40", a rapporté FO.

"La situation du service des urgences était à l'identique à ce moment précis puisque le 1er septembre on dénombre 43 patients pour 30 places avec 25 patients de plus de 12h", a assuré le syndicat dans son courrier.

Il s'agirait d'un patient de 81 ans, décédé après avoir passé 22 heures sur brancard au sein du service d'urgence du NHC, a précisé Christian Prud'homme, joint vendredi par APMnews.

FO regrette également qu'aucun des engagements pris par la direction générale des HUS après le décès survenu en mars n'ait finalement été mis en oeuvre, que ce soit la création d'un gestionnaire de flux sur place aux urgences ou encore celle d'un service tampon post-urgences déployable à la demande en cas de tension.

Pas d'évolution aux urgences des HUS depuis le printemps selon FO

Si le syndicat reconnaît les difficultés structurelles du CHU de Strasbourg, "avec 300 lits fermés pour raisons de ressources humaines dont la moitié des lits de l'unité d'hospitalisation de courte durée [UHCD] attenante aux urgences du Nouvel Hôpital Civil de Strasbourg et 250 postes d'infirmiers vacants", il reproche à la direction générale de l'établissement "de rester dans la continuité d'un immobilisme dilatoire en se reposant totalement sur l'engagement et l'éthique des professionnels".

"Tout décès au sein de notre institution reste une situation difficile à vivre pour l'ensemble de la communauté hospitalière", a réagi la direction des HUS, contactée vendredi par APMnews.

"Conformément à la procédure applicable, le décès a été déclaré à l'[ARS] sur le portail national des événements indésirables graves", a ajouté la direction, en faisant remarquer qu'elle n'était pas "en mesure de communiquer des éléments qui relèvent du secret médical".

Dans les colonnes du Figaro, le chef du pôle urgences des HUS, le Pr Pascal Bilbault, a assuré pour sa part que "la surcharge du service n'a pas nui à la prise en charge de ce patient", en mettant en avant que le patient décédé le 1er septembre "souffrait d'une pathologie rapidement évolutive" et "avait fait une demi-douzaine de séjours aux HUS en deux mois".

gl/ab/APMnews

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