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30/08 2022
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LES URGENCES DU CHR D’ORLÉANS "EN MODE DÉGRADÉ" DEPUIS LE PRINTEMPS

ORLEANS, 30 août 2022 (APMnews) - Le CHR d’Orléans a de nouveau limité aux urgences vitales l’accès à ses urgences depuis le 12 août et jusqu'à une date inconnue, en raison d’une pénurie de personnel, ont indiqué à APMnews le directeur général de l’établissement, Olivier Boyer, et des personnels du service.

Les patients sont ainsi invités à contacter au préalable le Samu avant de se rendre aux urgences afin d'éviter une saturation du service.

Entre les départs, les congés et les arrêts maladie, il y aurait actuellement "une centaine de postes de soignant vacants", a estimé Olivier Boyer. Selon lui, cette situation de crise a été exacerbée par "un afflux important de patients durant le week-end prolongé du 15 août". "On a eu moins de sorties de patients, donc ça a embouteillé", a-t-il décrit.

Ce problème démographique se conjugue avec de grandes difficultés en aval. Environ "300 lits" seraient actuellement fermés au CHR selon plusieurs sources au sein de l’établissement. Olivier Boyer juge toutefois que la situation va s’améliorer d’ici les prochaines semaines. "On espère rouvrir la moitié des lits fermés durant la rentrée", a-t-il avancé.

Les urgences de l’établissement avaient déjà connu de fortes tensions au printemps. Fin mars, face à un service saturé et à de nombreux arrêts maladie parmi le personnel soignant, la direction avait déclenché un "plan blanc" et avait dû procéder à la fermeture partielle des urgences (cf APM JYP7R9M1UF).

La situation s’était par la suite aggravée avec une grève des médecins urgentistes. Fin avril, la direction du CHR avait signé un protocole d’accord, élaboré avec les médecins, qui contenait 19 mesures visant à permettre aux urgences de "reprendre un fonctionnement normal" (cf dépêche du 28/04/2022 à 17:15).

Un protocole aux résultats très mitigés

Quid de ce protocole aujourd’hui? "Il est toujours en vigueur", assure Olivier Boyer, "et il a permis des améliorations". Il cite notamment un meilleur partage de l’information et un placement plus efficace des patients. "En juillet par exemple, on a connu des difficultés mais on a réussi à trouver des solutions, à trouver des lits", assure le directeur général.

Pour le Dr Matthieu Lacroix, médecin urgentiste au CHR d’Orléans, "il n’y a pas eu de vrai retour à la normale depuis ce printemps". Depuis mars, "les urgences évoluent en mode dégradé. L’accueil aux urgences est plus strict, faute de personnel et de lits, et plusieurs boxes n’ont jamais rouvert", rapporte-t-il. "Il y a eu de petits gains marginaux mais c’est inconstant, parfois c’est l’enfer", témoigne l'urgentiste.

Matthieu Lacroix prend l'exemple de la cellule de gestion des lits qui a été mise en place, pour répondre à la demande d'un bed manager portée par les médecins grévistes au printemps. La cellule "n'a pour l'instant aucun intérêt. Elle nous indique combien de lits sont disponibles mais ne nous aide pas à en trouver pour nos patients", déplore-t-il.

"Ce protocole, c’est un pansement sur une jambe de bois", estime Dorine Lemasson, aide-soignante et déléguée CGT au CHR d’Orléans. "Le fond du problème, c’est le manque de personnel, soignant et médical, et là-dessus, rien n’a été fait", poursuit-elle. La déléguée syndicale reconnaît toutefois un certain "soulagement" permis par ces mesures, "car les patients ont été orientés différemment".

L’agence régionale de santé (ARS) Centre-Val-de-Loire, interrogée par APMnews, reconnaît que "la situation reste fragile, du fait de la persistance d’un nombre important de lits fermés faute de personnel infirmier".

L’ARS insiste toutefois sur les efforts qui ont été réalisés pour "soutenir" la direction du CHR dans la mise en place de son protocole. "L’agence a oeuvré également, en concertation avec le conseil régional, pour augmenter très fortement (+66% sur 2022-2023) le nombre des postes ouverts en Ifsi [institut de formation en soins infirmiers] dans le Loiret pour la formation des IDE [infirmiers en soins généraux]", souligne la direction de l'agence.

Reste que de nouvelles tensions pourraient émerger à l'automne concernant le personnel médical, assure Matthieu Lacroix. "Il y a un découragement des médecins urgentistes, ils sont plusieurs à vouloir passer en temps partiel", constate-t-il. Si cela se confirme, le CHR devrait compter 10,5 équivalents temps plein (ETP) dans ce service en novembre, "contre 25 dans des conditions normales de fonctionnement".

mg/sl/APMnews

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ORLEANS, 30 août 2022 (APMnews) - Le CHR d’Orléans a de nouveau limité aux urgences vitales l’accès à ses urgences depuis le 12 août et jusqu'à une date inconnue, en raison d’une pénurie de personnel, ont indiqué à APMnews le directeur général de l’établissement, Olivier Boyer, et des personnels du service.

Les patients sont ainsi invités à contacter au préalable le Samu avant de se rendre aux urgences afin d'éviter une saturation du service.

Entre les départs, les congés et les arrêts maladie, il y aurait actuellement "une centaine de postes de soignant vacants", a estimé Olivier Boyer. Selon lui, cette situation de crise a été exacerbée par "un afflux important de patients durant le week-end prolongé du 15 août". "On a eu moins de sorties de patients, donc ça a embouteillé", a-t-il décrit.

Ce problème démographique se conjugue avec de grandes difficultés en aval. Environ "300 lits" seraient actuellement fermés au CHR selon plusieurs sources au sein de l’établissement. Olivier Boyer juge toutefois que la situation va s’améliorer d’ici les prochaines semaines. "On espère rouvrir la moitié des lits fermés durant la rentrée", a-t-il avancé.

Les urgences de l’établissement avaient déjà connu de fortes tensions au printemps. Fin mars, face à un service saturé et à de nombreux arrêts maladie parmi le personnel soignant, la direction avait déclenché un "plan blanc" et avait dû procéder à la fermeture partielle des urgences (cf APM JYP7R9M1UF).

La situation s’était par la suite aggravée avec une grève des médecins urgentistes. Fin avril, la direction du CHR avait signé un protocole d’accord, élaboré avec les médecins, qui contenait 19 mesures visant à permettre aux urgences de "reprendre un fonctionnement normal" (cf dépêche du 28/04/2022 à 17:15).

Un protocole aux résultats très mitigés

Quid de ce protocole aujourd’hui? "Il est toujours en vigueur", assure Olivier Boyer, "et il a permis des améliorations". Il cite notamment un meilleur partage de l’information et un placement plus efficace des patients. "En juillet par exemple, on a connu des difficultés mais on a réussi à trouver des solutions, à trouver des lits", assure le directeur général.

Pour le Dr Matthieu Lacroix, médecin urgentiste au CHR d’Orléans, "il n’y a pas eu de vrai retour à la normale depuis ce printemps". Depuis mars, "les urgences évoluent en mode dégradé. L’accueil aux urgences est plus strict, faute de personnel et de lits, et plusieurs boxes n’ont jamais rouvert", rapporte-t-il. "Il y a eu de petits gains marginaux mais c’est inconstant, parfois c’est l’enfer", témoigne l'urgentiste.

Matthieu Lacroix prend l'exemple de la cellule de gestion des lits qui a été mise en place, pour répondre à la demande d'un bed manager portée par les médecins grévistes au printemps. La cellule "n'a pour l'instant aucun intérêt. Elle nous indique combien de lits sont disponibles mais ne nous aide pas à en trouver pour nos patients", déplore-t-il.

"Ce protocole, c’est un pansement sur une jambe de bois", estime Dorine Lemasson, aide-soignante et déléguée CGT au CHR d’Orléans. "Le fond du problème, c’est le manque de personnel, soignant et médical, et là-dessus, rien n’a été fait", poursuit-elle. La déléguée syndicale reconnaît toutefois un certain "soulagement" permis par ces mesures, "car les patients ont été orientés différemment".

L’agence régionale de santé (ARS) Centre-Val-de-Loire, interrogée par APMnews, reconnaît que "la situation reste fragile, du fait de la persistance d’un nombre important de lits fermés faute de personnel infirmier".

L’ARS insiste toutefois sur les efforts qui ont été réalisés pour "soutenir" la direction du CHR dans la mise en place de son protocole. "L’agence a oeuvré également, en concertation avec le conseil régional, pour augmenter très fortement (+66% sur 2022-2023) le nombre des postes ouverts en Ifsi [institut de formation en soins infirmiers] dans le Loiret pour la formation des IDE [infirmiers en soins généraux]", souligne la direction de l'agence.

Reste que de nouvelles tensions pourraient émerger à l'automne concernant le personnel médical, assure Matthieu Lacroix. "Il y a un découragement des médecins urgentistes, ils sont plusieurs à vouloir passer en temps partiel", constate-t-il. Si cela se confirme, le CHR devrait compter 10,5 équivalents temps plein (ETP) dans ce service en novembre, "contre 25 dans des conditions normales de fonctionnement".

mg/sl/APMnews

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