Actualités de l'Urgence - APM

19/08 2022
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PACA: PLUSIEURS SERVICES D'URGENCE CONTRAINTS DE FERMER TEMPORAIREMENT LA NUIT (ARS)

(Par Sylvain LABAUNE)

MARSEILLE, 19 août 2022 (APMnews) - Plusieurs services d'urgence sont contraints de fermer temporairement la nuit cet été, ou plutôt de mettre en place "une régulation", du fait d'un manque important de praticiens couplé à un fort afflux de touristes, a-t-on appris vendredi auprès d'Anthony Valdez, directeur de l'organisation des soins de l'agence régionale de santé (ARS).

"Il ne s'agit pas de fermetures sèches mais d'un accès régulé", a déclaré Anthony Valdez. L'utilisation du mot fermeture "me gêne un peu car en réalité, quand le patient se présente aux urgences, il sera quand même pris en charge par un médecin qui pourra évaluer la situation et le prendre en charge si son état le nécessite".

"Il s'agit donc plutôt d'un fonctionnement dégradé. Si l'état du patient ne nécessite pas de prise en charge urgente, on lui demandera par exemple de repasser le lendemain matin ou bien d'aller dans le service d'urgence le plus proche", a-t-il continué.

"Tous les services concernés suivent un protocole de fonctionnement dégradé clairement défini et qui décrit les conditions d'accès, les personnels présents, comment les patients sont régulés, les liens avec le Samu et les autres services d'urgences, etc.", a-t-il poursuivi.

Les services d'urgence de la région confrontés notamment à des fermetures de l'accueil des urgences sont:

  • Le centre hospitalier (CH) de Draguignan (Var), où les urgences sont fermées la nuit depuis au moins le 1er juillet entre 18h30 et 8h30. Il manque "quasiment une dizaine d'urgentistes" dans cet établissement qui concentre "sûrement le plus de tensions de la région", a rapporté Anthony Valdez.
  • Le CH de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) a subi de très nombreuses fermetures cet été la nuit, au moins jusqu'à fin août entre 18h30 et 8h30 (cf dépêche du 17/08/2022 à 18:15)
  • Le CH de Cavaillon (Vaucluse), qui a subi cinq nuits de fermeture la nuit en août, après déjà plusieurs fermetures en juillet
  • Le centre hospitalier intercommunal (CHI) Aix-Pertuis (Bouches-du-Rhône) au niveau des urgences pédiatriques où il y a eu des restrictions de l'accès ou une fusion avec les urgences adultes.

Les deux établissements d'Almaviva Santé à Istres (clinique de l'Etang de l'Olivier) et Marignane (clinique de Marignane) sont également confrontés à des difficultés récurrentes et à la mise en place d'un fonctionnement dégradé, a précisé le directeur de l'organisation des soins.

Le CH d'Arles a été confronté à une nuit de fermeture en juillet mais la situation est depuis revenue à la normale, ainsi que le CH de Carpentras (Vaucluse) de façon "un peu ponctuelle".

Il y a aussi eu "quelques soucis au CH d'Avignon sur la deuxième ligne de Smur qui, certaines nuits, n'a pas pu être armée".

"Aucun événement grave" n'a été signalé

Les difficultés sont ainsi "concentrées sur les établissements avec une faible activité, ou du moins de niveau intermédiaire, qui enregistrent relativement peu de passages aux urgences, car ils sont dépendants du moindre poste de médecin urgentiste en moins", a expliqué le directeur de l'organisation des soins.

Ainsi, "un seul médecin manquant pour faire tomber tout le service". "A l'inverse, de gros services" comme à l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM) "ont d'importants effectifs" et peuvent donc mieux absorber l'absence ou le départ d'un praticien.

La situation est "donc fragile" mais elle ne se "dégrade pas" et "aucun événement grave" n'a été signalé, a-t-il affirmé. Cela "tient" grâce à la mobilisation de chacun et diverses mesures qui ont été prises en anticipation des tensions habituelles sur la période estivale.

Parmi les mesures prises, il y a des campagnes de communication pour dissuader les patients de venir aux urgences "pour un oui ou pour un non", les plages horaires qui ont été notamment augmentées dans les maisons médicales de garde, les permanences des soins ambulatoires (PDSA) et les hélismur.

En outre, les services ont recours à des intérimaires, des internes, des remplacements en interne par des médecins venus d'autres services, a précisé le directeur de l'organisation des soins.

Par ailleurs, l'ARS étudie les répercussions des fermetures sur les autres services d'urgence de la région. Il y a par exemple un léger déport de patients depuis Manosque vers les urgences de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) alors que l'agence prévoyait que cela se fasse plutôt vers Aix-en-Provence, a expliqué Anthony Valdez.

Une diminution de la pression espérée en septembre

A l'avenir, l'ARS espère travailler avec les établissements sur une "modélisation de l'organisation médicale en fonction du flux de patients". En d'autres termes, il s'agit de définir le nombre de médecins nécessaires pour faire fonctionner un service d'urgence en fonction du nombre de passages.

Ce travail est nécessaire car le seuil de médecins en dessous duquel le service va être fermé est subjectif pour les établissements. "Certains hôpitaux décident de fermer lorsque, par exemple, il y a moins de trois praticiens présents alors que l'établissement voisin, qui a le même nombre de passages aux urgences, estime que le service peut continuer à tourner avec seulement deux praticiens."

"Il y a donc une subjectivité dans la gestion des ressources médicales en fonction des établissements et il faudra travailler à une modélisation plus objective afin de définir des modèles basés sur des données comparables", a-t-il précisé.

Le retour à un fonctionnement plus normal des services d'urgence est espéré à partir de septembre dans la région, une fois que les touristes, très présents en Paca l'été, seront partis et que les "flux vont commencer à se réguler", a ajouté Anthony Valdez.

syl/nc/APMnews

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PACA: PLUSIEURS SERVICES D'URGENCE CONTRAINTS DE FERMER TEMPORAIREMENT LA NUIT (ARS)

(Par Sylvain LABAUNE)

MARSEILLE, 19 août 2022 (APMnews) - Plusieurs services d'urgence sont contraints de fermer temporairement la nuit cet été, ou plutôt de mettre en place "une régulation", du fait d'un manque important de praticiens couplé à un fort afflux de touristes, a-t-on appris vendredi auprès d'Anthony Valdez, directeur de l'organisation des soins de l'agence régionale de santé (ARS).

"Il ne s'agit pas de fermetures sèches mais d'un accès régulé", a déclaré Anthony Valdez. L'utilisation du mot fermeture "me gêne un peu car en réalité, quand le patient se présente aux urgences, il sera quand même pris en charge par un médecin qui pourra évaluer la situation et le prendre en charge si son état le nécessite".

"Il s'agit donc plutôt d'un fonctionnement dégradé. Si l'état du patient ne nécessite pas de prise en charge urgente, on lui demandera par exemple de repasser le lendemain matin ou bien d'aller dans le service d'urgence le plus proche", a-t-il continué.

"Tous les services concernés suivent un protocole de fonctionnement dégradé clairement défini et qui décrit les conditions d'accès, les personnels présents, comment les patients sont régulés, les liens avec le Samu et les autres services d'urgences, etc.", a-t-il poursuivi.

Les services d'urgence de la région confrontés notamment à des fermetures de l'accueil des urgences sont:

  • Le centre hospitalier (CH) de Draguignan (Var), où les urgences sont fermées la nuit depuis au moins le 1er juillet entre 18h30 et 8h30. Il manque "quasiment une dizaine d'urgentistes" dans cet établissement qui concentre "sûrement le plus de tensions de la région", a rapporté Anthony Valdez.
  • Le CH de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) a subi de très nombreuses fermetures cet été la nuit, au moins jusqu'à fin août entre 18h30 et 8h30 (cf dépêche du 17/08/2022 à 18:15)
  • Le CH de Cavaillon (Vaucluse), qui a subi cinq nuits de fermeture la nuit en août, après déjà plusieurs fermetures en juillet
  • Le centre hospitalier intercommunal (CHI) Aix-Pertuis (Bouches-du-Rhône) au niveau des urgences pédiatriques où il y a eu des restrictions de l'accès ou une fusion avec les urgences adultes.

Les deux établissements d'Almaviva Santé à Istres (clinique de l'Etang de l'Olivier) et Marignane (clinique de Marignane) sont également confrontés à des difficultés récurrentes et à la mise en place d'un fonctionnement dégradé, a précisé le directeur de l'organisation des soins.

Le CH d'Arles a été confronté à une nuit de fermeture en juillet mais la situation est depuis revenue à la normale, ainsi que le CH de Carpentras (Vaucluse) de façon "un peu ponctuelle".

Il y a aussi eu "quelques soucis au CH d'Avignon sur la deuxième ligne de Smur qui, certaines nuits, n'a pas pu être armée".

"Aucun événement grave" n'a été signalé

Les difficultés sont ainsi "concentrées sur les établissements avec une faible activité, ou du moins de niveau intermédiaire, qui enregistrent relativement peu de passages aux urgences, car ils sont dépendants du moindre poste de médecin urgentiste en moins", a expliqué le directeur de l'organisation des soins.

Ainsi, "un seul médecin manquant pour faire tomber tout le service". "A l'inverse, de gros services" comme à l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM) "ont d'importants effectifs" et peuvent donc mieux absorber l'absence ou le départ d'un praticien.

La situation est "donc fragile" mais elle ne se "dégrade pas" et "aucun événement grave" n'a été signalé, a-t-il affirmé. Cela "tient" grâce à la mobilisation de chacun et diverses mesures qui ont été prises en anticipation des tensions habituelles sur la période estivale.

Parmi les mesures prises, il y a des campagnes de communication pour dissuader les patients de venir aux urgences "pour un oui ou pour un non", les plages horaires qui ont été notamment augmentées dans les maisons médicales de garde, les permanences des soins ambulatoires (PDSA) et les hélismur.

En outre, les services ont recours à des intérimaires, des internes, des remplacements en interne par des médecins venus d'autres services, a précisé le directeur de l'organisation des soins.

Par ailleurs, l'ARS étudie les répercussions des fermetures sur les autres services d'urgence de la région. Il y a par exemple un léger déport de patients depuis Manosque vers les urgences de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) alors que l'agence prévoyait que cela se fasse plutôt vers Aix-en-Provence, a expliqué Anthony Valdez.

Une diminution de la pression espérée en septembre

A l'avenir, l'ARS espère travailler avec les établissements sur une "modélisation de l'organisation médicale en fonction du flux de patients". En d'autres termes, il s'agit de définir le nombre de médecins nécessaires pour faire fonctionner un service d'urgence en fonction du nombre de passages.

Ce travail est nécessaire car le seuil de médecins en dessous duquel le service va être fermé est subjectif pour les établissements. "Certains hôpitaux décident de fermer lorsque, par exemple, il y a moins de trois praticiens présents alors que l'établissement voisin, qui a le même nombre de passages aux urgences, estime que le service peut continuer à tourner avec seulement deux praticiens."

"Il y a donc une subjectivité dans la gestion des ressources médicales en fonction des établissements et il faudra travailler à une modélisation plus objective afin de définir des modèles basés sur des données comparables", a-t-il précisé.

Le retour à un fonctionnement plus normal des services d'urgence est espéré à partir de septembre dans la région, une fois que les touristes, très présents en Paca l'été, seront partis et que les "flux vont commencer à se réguler", a ajouté Anthony Valdez.

syl/nc/APMnews

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